Histoire de la ville

Caudebec-en-Caux est située sur la rive droite de la Seine, à l’embouchure des rivières
Sainte-Gertrude et Ambion.
Entourée de collines, la ville est surplombée par le plateau de Caux. Les bords de Seine sont longtemps restés marécageux, le fleuve battait même par endroits la falaise.
Avant l’aménagement des installations portuaires havraises, et l’endiguement des berges de la Seine, le mascaret remontait jusqu’à Caudebec, inondant les rives pendant les marées d’équinoxes.

Époque Gauloise

À l’époque gauloise, le Pays de Caux était occupé par les Calètes, d’où il tire son nom.
Ce peuple celte, réputé pour son indépendance, opposa une vive résistance à l’envahisseur romain. Il aurait d’ailleurs fourni une armée à Vercingétorix pour la bataille d’Alésia.
La présence des Calètes à Caudebec se vérifie par les vestiges retrouvés à l’Ouest, sur le Mont Calidu, et à l’Est sur la Vignette.

La conquête de Jules César
Avec la conquête de Jules César, Lillebonne (Juliobona) devient la capitale romaine des Calètes. La cité est alors reliée à Rouen (Rotomagus) par une voie traversant Caudebec à l’emplacement actuel de la Grande Rue.
Seule une abbaye appelée Logium bordait la route antique sur le site de Caudebec.
La présence de ce monastère est attestée par une charte de Charles Le Chauve de 840, où le nom de Calidum Beccum serait cité.

Les Vikings
Au IXème siècle, les Vikings pillent et brûlent monastères et cités.
Certains sites portuaires furent des zones d’implantation des colonies scandinaves. Ainsi le débouché de la Sainte-Gertrude sur la Seine, où se trouvait uniquement le monastère, devint le lieu d’un camp viking. Le nom Caudebec aurait d’ailleurs pour origine Caldebeck (kald = froid, bekk = ruisseau).
Les Normands deviennent en 911 seigneurs des terres qu’ils avaient pillés. Charles III, voulant limiter l’invasion scandinave, signe un traité avec Rollon, chef viking.

Guillaume Le Conquérant
Au début du XIème siècle, Guillaume Le Conquérant envahit l’Angleterre. Caudebec, petit bourg de pêcheurs, n’est alors qu’une paroisse sans marché, ni foire.
En 1125 Henri Ier d’Angleterre, fils de Guillaume Le Conquérant, fait transférer le marché de St Wandrille à Caudebec. La ville commence alors son développement, grâce à son marché, ses pêcheries et son moulin.

Le Bailli
Afin d’assurer l’unité du Royaume de France, Philippe-Auguste enlève l’autonomie dont bénéficiait la Normandie depuis Rollon.
En 1204, il instaure sur l’ensemble du territoire les institutions des Grands Baillis. Caudebec devient ainsi la capitale du Grand Baillage de Caux.
Le Bailli, représentant du Roi dans chaque contrée, a des pouvoirs illimités (judiciaire, financier, militaire…). Une économie florissante accompagna le pouvoir politique. Dès le XIIIème siècle, le cuir est tanné à Caudebec, et un bac relie les deux rives. Une période de prospérité s’établit jusqu’au milieu du XIVème siècle.

La Normandie « Anglaise »
Vers 1364 des remparts sont construits autour de la ville, le rôle militaire de Caudebec commence avec la Guerre de Cent ans.
Henri V d’Angleterre assiège la cité et s’en empare en 1415. Des rébellions et insurrections éclatent de la part des normands. Mais elles prirent fin par la nomination de Foulques Eyton en 1438 comme capitaine du Pays de Caux, basé à Caudebec. En 1450, la Normandie redevient française, mais elle est très appauvrie.
À la fin du XVème siècle, un hausse économique se fait sentir. La plupart des maisons à pans de bois de la ville sont construites à cette époque. En 1480, Louis XI commande les tours d’Harrefleu et de Rouen afin d’améliorer les fortifications.

Les guerres de religions
À la fin du XVIème siècle, les guerres de religions éclatent. Henri IV, roi de France, appuyé par la flotte hollandaise, s’oppose à la Ligue catholique, menée par Alexandre Farnèse et soutenue par les espagnols. Caudebec-en-Caux fut tour à tour occupé par les Royaux et par Farnèse.
Alors qu’une grande partie de la Normandie avait soutenu la Ligue, la ville était partisane d’Henri IV. Lorsqu’en 1592, ce dernier reprit la cité, qui avait succombé vingt jours avant à la Ligue, il fut accueilli chaleureusement par la communauté protestante de Caudebec, importante à l’époque. Le roi mit fin aux guerres de religions avec l’Édit de Nantes.
L’industrie reprit un nouvel essor. Des fabriques de gants de peau de chèvre très fine firent la réputation de la ville, comme son activité portuaire intense. Les manufactures de chapeaux connurent aussi un essor important : le célèbre Caudebec, chapeau noir avec une plume noire, lancé par les Huguenots, eût une variante qui alla à la Cour.

La révocation de l’Édit de Nantes
En 1685 la révocation de l’Édit de Nantes entraîne l’exode des protestants. C’est le déclin de l’industrie chapelière. Au XVIIIème siècle, Caudebec n’est plus une ville phare pour le tannage et la chapellerie, mais reste une ville importante au niveau judiciaire et administratif.
À cette époque, les demeures de briques et de pierres qui bordent aujourd’hui Caudebec sont bâties.

La fin du Baillage
À la fin du XVIIIème, le Grand Baillage de Caux est transféré à Yvetot. Le déclin amorcé par le départ des artisans protestants s’aggrave. Caudebec ne se relève pas après la Révolution. Sa position avantageuse avant ce siècle n’est plus. L’économie est davantage tournée vers le plateau de Caux que vers la Seine. Cependant la ville est préservée de tout changement architectural. Ainsi au XIXème siècle, Caudebec devient un centre touristique réputé pour son caractère médiéval et pittoresque.

La seconde Guerre Mondiale
Le 9 juin 1940, la ville est détruite à 80% à la suite d’un gigantesque incendie qui dura trois jours. La reconstruction donne un visage pluriel à la ville, entre audace moderne et pittoresque médiéval.